Accueil Date de création : 24/05/07 Dernière mise à jour : 23/06/10 20:07 / 460 articles publiés
 

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ROYAL X  (> Lire " Royal X ") posté le jeudi 24 mai 2007 18:23

 

 

Notes aux lecteurs

 

1 – Le débarquement

2 – Le bal des précieuses

3 – Des pelletées de terre sur la tête

4 – Ségolène & Les chiennes de garde

5 – Le retour du roi lion

6 – Référendum et référent d’homme

7 – Déo et des bas

8 – Délibéré du jury citoyennes

9 – Bal Trappe

10 – Fin du bal

 

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Notes aux lecteurs  (> Lire " Royal X ") posté le jeudi 24 mai 2007 18:13

 « Si tu ne t’occupes pas de la politique,

elle s’occupe de toi… »

 

 

Quand Ségolène tourne le dos à ses pairs pour prendre conseil auprès de ses mères… On aurait pu s’attendre à une lutte militante de petites filles qui trépignent d’impatience… Ce n’est pas vraiment le cas… Bien au contraire ! Je m’attendais à tout en puisant dans les ressources féminines, mais jamais je n’aurais imaginé ceci…

 

J’ai fait un livre aussi peu sérieux que sa campagne. En ce sens il trouve sa raison d’être.

 

Toutes les interventions et citations des différents intervenants à l’exception de Ségolène, François et de l’Inconnue Anonyme sont authentiques. Elles ont parfois été sorties de leur contexte, mais n’ont subi aucune transformation.

Tous ces mots d’esprit ne représentent pas, bien entendu, la mentalité et les opinions générales de la plupart des intervenants. Je ne peux que m’excuser du rôle parfois à contre-emploi que j’ai fait jouer à certaines de mes contemporaines… Mais franchement, c’était trop tentant ! Ce sont des morceaux choisis, choisis pour leur perfidie, leur misogynie, leur clairvoyance ou leur cruauté.

Des citations relevées au fil des siècles, pour montrer d’une part que la misogynie n’est pas une exclusivité masculine (cf « Les chiens de garde »), et d’autre part pour montrer à l’heure de l’actualité orientée, du zapping et des informations tronquées, qu’on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui suivant le montage et l’assemblage des dialogues et des séquences pour atteindre l’objectif d’une démonstration. En l’occurrence, faire dire à des femmes que la pire chose qui puisse arriver serait d’avoir une femme au pouvoir.

Il s’agit d’une démonstration par l’absurde qui passera en revue les différents thèmes du pouvoir, de la vanité, du rôle des femmes, du couple, de l’argent, du bonheur, du travail, de la séduction, de l’intelligence, des enfants, de la famille, de la politique, du sexe, du mensonge et du féminisme.

Un régal de cruauté et de misogynie produit par un panel de femmes au fil des siècles, que l’on retrouve en train de se goinfrer devant un buffet dans le salon de Ségolène.

Des femmes « royales » et d’autres, qui disent autre chose que les sempiternelles rengaines laborieuses des féministes de la première heure dont le discours décalé à notre époque fini par sembler poussiéreux.

 

À ce propos, petite parenthèse : Je m’inquiète beaucoup de la condition féminine actuelle qui semble avoir régressé en profondeur dans bien des domaines alors que la surface semble belle, quand l’idéal étriqué des Mères Féministes n’a été d’offrir à leur fille comme choix de vie que de devenir au mieux des célibattantes – célibataires qui se bourrent de cachets. Juste de quoi se rendre compte de l’impasse une fois dépassée la trentaine, juste de quoi revenir un siècle en arrière en cumulant les amours économiques et les mariages à la petite semaine avant de devenir quadragénaire.

 

Mais ceci n’est pas le débat de ce pamphlet, pas plus qu’il n’est au fond réellement politique, je l’ai pensé comme une fable qu’on nous raconte tous les jours, une fable de faux-semblants, d’illusions et de mensonges qui créent l’Histoire, ce que nous avons en somme de savoir, les mensonges des siècles passés.

Les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire au regard de la bonne morale et des acquis, les schémas de pensées qu’on nous a inculqués sont simplistes, ici le bien, voilà le mal, les hommes disent ceci, les femmes pensent cela, et tout ce qui dépasse est systématiquement élagué par la faucille de la bêtise. (Faucille n’a bien entendu ici, aucun double sens)

Le seul véritable objet donc de cet ouvrage, en dehors de son aspect ludique et au passage, de montrer mon cul à la gauche caviar, sera en fait d’amener un petit bout de vérité dans l’Histoire, à savoir que toutes les femmes ne pensent pas la même chose sur les hommes, que toutes les femmes ne luttent pas pour devenir l’égal de l’homme, ce qui est à la base un contresens, et qu’il y a toujours eu des femmes qui exècrent au plus haut degré la mentalité et les revendications parfois douteuses de leurs consœurs, il s’agit simplement d’un son de cloche que l’on n’entend jamais.

Je donne la parole à celles que l’on a évincées de la libération féminine.  Pour prendre un exemple, je n’ai à ce jour entendu qu’une seule femme écrivain s’élever avec force contre la parité, en la redéfinissant simplement. La parité est pour elle la pire revendication misogyne jamais proférée, puisque la parité après tout, ce n’est pas intégrer les femmes dans les affaires publiques pour leur « tête », même pas en partie, non, mais seulement pour leur sexe. La parité n’est qu’un nivellement par le bas entre les femmes.

 

Il n’y a plus de reconnaissance possible pour les femmes réellement compétentes, qui se retrouvent toutes classées dans la même catégorie, au regard par exemple de beaucoup de chefs d’entreprise qui les considèrent (parfois à juste titre) comme des emmerdeuses, des malades chroniques, et des pondeuses en puissance, avec lesquelles il faut composer puisque la loi le demande, mais en aucun cas parce que leurs compétences sont reconnues.

Je m’adresse à vous Mesdames, Mesdemoiselles ; La moitié des femmes empêche l’autre de vivre et de s’exprimer réellement ! Ce n’est pas aujourd’hui contre le chef de service libidineux qu’il faut lutter, mais contre vos trois autres collègues de bureau qui ont usé et abusé de leurs charmes jusqu’à entériner comme normale la promotion canapé. Les capacités qu’elles ont mises en valeur étant étalonnées sur la longueur de leur jupe ou la profondeur de leur décolleté, ne vous étonnez pas, vous, femmes sérieuses, conscientes et dévouées, d’être des embauchées-sous-estimées si c’est à travers votre travail que vous comptez changer la donne et les mentalités.

L’égalité des droits, oui, l’égalité des salaires, oui, l’égalité des chances, oui, mais une égalité basée sur des principes saints et justes de capacités, de résultats et de compétences. On ne distribue pas des postes en fonction du sexe, pas plus qu’on ne doit donner ou refuser un travail en fonction de sa couleur de peau, car nous allons dériver vers une nouvelle forme de discrimination, à savoir que telle personne ne pourra obtenir le poste, même à qualification égale ou supérieure, si elle ne rentre pas dans les quotas de sexe, de handicap ou d’ethnie.

 

Fermons maintenant cette parenthèse pour revenir sur un terrain nettement plus léger : La politique !

Je ne citerai qu’un exemple concernant la parité et le vœu des femmes globalement, concernant les affaires publiques. Contrairement à ce qu’on nous serine à longueur de temps dans les média, demandez à n’importe quelle tête de liste de parti politique, à Madame ou Monsieur le Maire de votre commune s’il n’a rencontré aucune difficulté pour établir la parité homme-femme dans sa liste électorale comme la loi le demande… Demandez-lui s’il a dû refuser un nombre important de bonnes volontés féminines pour s’occuper des affaires publiques… C’est un sondage qui n’existe pas et pour cause aujourd’hui… Je vous conseille de le tester près de chez vous, dans votre circonscription, vous serez surpris de l’écart entre la réalité et les manœuvres bien-pensantes.

En réalité, peu de femmes veulent s’investir au niveau local, régional ou national dans les affaires publiques, loin de moi l’idée de les en blâmer, c’est simplement un état de fait, un simple constat, un choix à respecter. L’accession à ce type de responsabilités pour les femmes est d’évidence une bonne chose pour la démocratie, c’est en revanche une erreur grave d’en avoir fait une loi en pensant que toutes avaient ce désir.

Dans le monde réel, loin des coursives parisiennes, les prochaines élections municipales notamment, annoncent un futur casse-tête pour tous ceux et celles désirant se présenter aux élections.

La question commune à tous est la suivante :

« Comment est-ce que je vais faire pour trouver autant de femmes pour pouvoir présenter ma liste aux élections… Où vais-je trouver les femmes susceptibles d’être intéressées pour devenir, si nous sommes élus, conseillère municipale ou adjointe… »

Un casse-tête auquel tous les maires ont eu à faire face aux dernières élections, et auquel ils ont pour la plupart trouvé la même solution :

le prête-nom ou liste fantôme.

Le but étant de convaincre ces femmes potentiellement intéressées de s’inscrire sur une liste électorale pour remplir la colonne parité, tout en leur assurant qu’elles n’auront pas un travail énorme, qu’elles ne seront pas obligées d’assister à toutes les réunions… Parce que le soir elles n’ont pas le temps… En les rassurant sur la flexibilité des dossiers à suivre et en flattant leur vanité d’appartenir aux décideurs de la communauté.

Beaucoup de femmes, heureusement, désirent véritablement s’occuper des affaires publiques, mais la masse de candidates nécessaires aux yeux de la loi reste introuvable. La parité en politique créé des dés pipés, des réunions d’élus, où après six mois de mandats, seule la moitié de la liste élue est présente, des votes de budgets où, pour « passer » face à l’opposition, le maire doit rameuter ses troupes pour que les « absents » viennent à CETTE réunion pour amener leur voix et faire voter un projet.

L’outil juridique de la parité politique n’a créé en fait qu’un peu plus de mensonges, d’injustices, et d’inégalités, sans même parler de la valeur des décisions prises à demi dans la plupart des villes où la colonne « remplissage de liste » n’est plus représentée.

 

Voici donc (sans double sens également) un autre éclairage sur ce que veulent également les femmes, un peu plus réel que les portraits stéréotypés, un autre son de cloche qui complète des revendications parfois globalisées, qui nous fait virer à babord, écrire une page d’Histoire irréelle, une page qui a le mérite de receler un peu plus de vérité que les premières pages de magazines people et les débats truqués !

Un autre son de cloche qui nous emmène chez Ségolène et François, pour ne pas l’oublier…

Un autre son de cloche…

Ding-Dong, on a sonné !

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Chapitre 1 - Le débarquement  (> Lire " Royal X ") posté le jeudi 24 mai 2007 18:11

 

Ding-dong !

 

Ségolène depuis l’étage : François, va ouvrir ! Je finis de me faire sécher les ongles ! François ! François ! Mais qu’est-ce tu fous bon sang !

 

Dans la salle de bains, la radio distille son horoscope, Ségolène se fige, les doigts écartés et le pinceau en l’air pour écouter :

 

« Vierge : Méfiez-vous des apparences ! Votre penchant à la mythomanie risque cette fois de vous jouer des tours ! Vous en faites trop, et vos paroles peuvent choquer ! Votre entourage pourrait bien prendre ses distances avec vous… Il y a des bruits qui courent… Et n’oubliez pas qu’à Paris, un bruit qui courent ressemble souvent à celui d’un élastique de slip ! Votre ennemi juré vous attend au tournant, faites attention à vous, la roue tourne ! »

 

Ségolène entre ses dents : Connerie d’horoscope ! La roue tourne, c’est ça ! J’vais lui fourrer un hamster dans le cul à la Gaule bien droite, et tu vas voir si la roue va tourner ! 

 

Ségolène poissonnière : François ! Bordel de merde ! François ! T’as ouvert ?

 

François  : J’y vais chouchou ! J’y vais !

 

Ségolène charretière : Et ne m’appelle pas chouchou ! Fais chier !

 

François  : Oui chouchou !

 

François réajuste le talon de ses charentaises et se dirige vers la porte de la demeure en soufflant, les domestiques étant en RTT jusqu’à la fin de la semaine.

 

François accueillant : Ah ! C’est vous ! Bonjour, Mademoiselle de Scudéry… Donnez-vous la peine d’ent…

 

L’invitée  : Trop aimable.

 

François  : Chouchou ! CHOUCHOU ! Tes invitées arrivent !

 

Ding-Dong !

Tip-Top, Tip-Top de charentaises, François enfile sa casquette de groom et va ouvrir.

 

François  : Bonjour mesdames… Donnez-vous la peine d’ent…

 

Un débarquement de bottes, de souliers et d’escarpins se met à marteler le plancher du hall d’entrée. Les sabots frappent le sol d’un air enragé, des purs sang, presque que des purs sangs, des dames royales de titre ou d’esprit. Il y a par ordre d’apparition :  

 

Madame de Sévigné, Catherine Rihoit, La Reine Victoria, Madeleine Gagnon, Marie de Vichy-Chamrond marquise du Deffand, Marilyn Monroe, la Comtesse de Blessington, Élisabeth Badinter, Jeanne Ire de Navarre comtesse de Champagne, Madame du Châtelet, Germaine de Necker baronne de Stael-Holstein dite Madame de Staël, la Marquise de Lambert, Ninon de Lenclos, Laure Permon Junot duchesse d’Abrantès, Marilyn French, Mademoiselle de Saint-Gehan, Madeleine Ouellette-Michalska, Natalie Clifford Barney, Helen Fielding, Geneviève Dormann, Françoise Parturier, Virginie Despentes, Françoise Sagan, Agatha Christie, Nadine de Rothschild, Colette, Madeleine Ferron, Madame Simone, Coco Chanel, Sophie Arnould, Barbara Cartland, Marie de Flavigny comtesse d'Agoult, Mary Marsh, Françoise Dorin, Madame de Girardin, Mademoiselle J. Delay-Laroche, Edith Cresson, et même Sophie Marceau…                   

 

François  : CHOUCHOU ! CHOUCHOUOUOU !!

 

Ségolène  : OUIII ! Ça va ! Ça va ! J’arrive ! J’arrive ! C’est presque sec !

 

François  : Mais dépêche-toi bon sang ! Tout le monde t’attend ! Excusez-la, elle en a pour une minute… Vous connaissez les femmes…

 

Les sabots tournent et retournent, martelant le sol de plus belle, la densité de tissu au mètre carré créé un frottement qui, mélangé aux jérémiades du voyage, à l’impatience, aux expressions et soufflements exaspérés, engendre un brouhahas inconfortable dans l’entrée de cette « petite bicoque sympa » que l’on peut entendre ici et là sur un ton dédaigneux voire carrément méprisant suivant les classes sociales.

On s’ébroue, on se navre, on caquète, on toise, et François transpire dans ses charentaises, engoncé dans le sourire charismatique du malaise paradoxal de la gauche caviar.

 

François  : Donnez-vous la peine d’entr…

 

Une vieille invitée : Croyez-vous très chère qu’il l’ait appris par cœur cette phrase ? Dit-elle en se retournant vers sa voisine.

 

Une très vieille invitée : C’est drôle chez vous… Presque coquet… On se croirait dans une étable…

 

François souriant : Je vous en prie, installez-vous au salon…

 

Une invitée d’un autre temps : L’espace d’un instant, j’ai cru que nous allions en cuisine… Enfin… Que fait cette… Comment s’appelle-t-elle déjà ?

 

François crispé : Ségolène !

 

Une voix aux lèvres pincées : Je ne vous demande pas si son nom possède une particule… Ce serait déplacé à en voir ce… Décor…

 

François  : Je crois que  sa famille l’a vendu… Il me semble…

 

Les lèvres pincées : On peut vendre sa particule de nos jours… Et pour quoi faire je vous prie ? Devenir roturier ? Un ancien pauvre ou un nouveau riche ? Où que l’on naisse, on se doit de l’assumer, chacun à sa place, ainsi va le monde, et personne ne doit venir fouiller dans le tiroir du dessus… Mais si aujourd’hui on gratte dans celui de dessous… Alors là…

 

Ding-Dong !

 

François  : Veuillez m’excuser un instant…

 

Une parisienne d’époque : Mais où sont vos gens de maison ?

 

François  : En… RTT… en vacances …

 

Une autre parisienne d’époque : En vacances ? En RTT ? Qu’est-ce donc ?

 

François  : Les vacances… Si vous voulez… C’est un peu comme octroyer aux travailleurs quelques semaines de notre style de vie chaque année, mais sans les avantages, n’ayez pas à vous en soucier… RTT n’est qu’un raccourci populaire signifiant Remet Tes Tongs…

 

La parisienne : Mais que peuvent-ils donc en faire de ces « vacances » ? Ont-ils assez d’éducation pour cela ? Je suis très étonné de cette expérience sociale qui oblige les gens d’un certain rang à ouvrir eux-mêmes leur porte d’entrée, c’est tout bonnement dégradant !

 

Ding-Dong ! Ding-Dong ! Ding-Dong !

 

François  : Veuillez m’excuser…

 

Ding-Dong !!

 

François  un peu énervé: Oui, ça va, ça va ! Chouchou bordel ! Il y a encore du monde qui arrive !!

 

François ouvre la porte, et se retrouve propulsé à l’autre bout du hall les bras en croix contre la porte vitrée du vestiaire, tandis qu’un flux dense de robes et de tenues de cocktails s’engouffre par la porte et se disperse dans les moindres recoins de la maison. Il reprend sa respiration, s’enfonce dans ses pantoufles et avance avec assurance vers ce débarquement de jupons.

 

François  : Bonjour ! S’il vous plaît, s’il vous plaît ! Donnez-vous la peine d’entrer au salon… Non, pas par là, s’il vous plaît, merci… Allez-y… Voilà, c’est par là…

 

Une pique-assiette : Il est où le buffet !

 

Une esthète : Ça craint la déco !

 

Une starlette sur le retour : On cachetonne ou pas pour ce plan ?

 

Une duchesse quelconque : Mon dieu quelle cohue ! On se croirait à la fête de la dinde !

 

Et ainsi, sorties de nulle part, entre deux photos de magazine et les pages de l’encyclopédie universelle, des visages se dessinent dans l’encadrement de la double porte coloniale du salon. Il y a dans le désordre d’arrivée :

Josiane Balasko, Hillary Clinton, Margaret Thatcher, Simone de Beauvoir, Ana Maria Araujo, Comtesse de Bassainville, Marie-Antoinette, Françoise d'Aubigné marquise de Maintenon, Madame de Genlis, Madeleine de Puisieux, Jeanne Moreau, Christine van Berchem, Marcelle Auclair, Virginia Woolf, Michèle Bernier, Helen Rowland, Shelley Winters, Nadine de Rothschild, Elisabeth Taylor, Françoise Dolto, Nathalie Wood, Margaret Anglin, Catherine Bernard, Huguette Maure, Katharine Hepburn, Anna Quindlen, Alice Sapritch, Susan Sontag, Fanny Deschamps, Arletty, Madonna, Catherine Millet, Catherine Lara, Luce Irigaray, Helen Fisher, Michèle Bret, Cornelia Otis Skinner, Claude Sarraute, Marie-Claire Blais, Liliane Vien-Beaudet, Sharon Stone, Rita Rudner, Sophie Arnould, Laure Conan, Anne Héber, Claire de Lamirande, Julie Stanton, Madame du Barry, Bernadette Jouvin, Christiane Singer, Caroline Otero, Zsa-zsa gabor, Lana Turner, Anita Loos, Margaret Fuller, Mary Wilson Little, la Duchesse de Choiseul, Madame A. Malinos-Laffitte, Daphné du Maurier, Julie de Lespinasse, Simone Weil, Gina Lollobrigida, Andie Mac Dowell, Yvonne Printemps, Florence Delay, Georges Sand, Madame de Rémusat, Bernadette Jouvin, Christiane Collange, Françoise Loranger, la Duchesse d’Orléans, Madame de Genlis, la Marquise de Pompadour, Björk, Clarence Darrow, Dominique Lavanant, la Comtesse Agénor de Gasparin, Madame Rolland, Betty Friedan, Anaïs Ségalas, Emily Dickinson, Véra de Talleyrand-Périgord, Louise Ackermann, Monique Proulx, Violette Leduc, Anne Sylvestre, Marguerite d’Angoulême, Mademoiselle de Sommery, Christine de Pisan, Anne Fay, Françoise Giroud, Monique Canto-Sperber, et même…

Ding-Dong !

François ouvre la porte en ravalant sa salive, deux silhouettes se dessinent dans l’encadrement, l’une taillée dans une bouteille de Coca-Cola, l’autre dans une bouteille de Perrier.

François à la bouteille de Perrier : Vous avez votre invitation ?

Elle lui tend, il lui rend, et fait entrer la silhouette Coca-Cola.

François à la bouteille de Perrier : Ce carton est un faux, veuillez quitter immédiatement la propriété avant que je n’appelle les autorités !

Il referme la porte sèchement, se retourne et sourit à la silhouette.  Il ôte délicatement le manteau des épaules de la belle Inconnue, puis l’invite à passer au salon. Tout le monde est là cette fois, même l’Inconnue Anonyme, l’IA pour les intimes…

Ségolène déboule dans les escaliers en se méchant la mèche.


Ségolène  interpelle François: Alors, alors… Tout le monde est là ?

 

François  : Oui, je crois… Je n’ai pas pu pointer tout le monde sur la liste, mais le compte y est…


Ségolène  : Comment peux-tu le savoir ?

 

François  : Je me suis fait « marcher sur les pieds » cent-trente-deux fois ! Avec toi, ça fait cent-trente-trois… On a le compte…

 

Ségolène  absorbée par sa liste d’invitées: Bien, bien !! Parfait, parfait !!

 

François  : Pourquoi tu répètes tout deux fois ?

 

Ségolène  : Ce sont les bases de la rhétorique ! Je prends des cours pour apprendre à convaincre en débat !

 

François  : Par correspondance ?

 

Ségolène  : Ta gueule. Va faire les courses, la bonne est en congé RTT… Ça non plus, ça ne va pas durer…

 

François  : Quoi ? La bonne, les courses, ma gueule ou les RTT ?

 

Ségolène  mielleuse: … Bonjour, Bonjour chères amies… Faites comme chez vous…

 

François  : Bon allez, moi je file, je vous laisse… Et si vous cherchez des Tupperware, il y en a plein la cuisine !

 

Ségolène tape du pied, le fusille du regard, pète un talon, et s’avance en boitant vers ses invitées qui ont chaleureusement entrepris le pillage du buffet.

Les catholiques sont arrivées par brouettes, les grenouilles de bénitiers par wagons et les rigoristes par pelletées. Des femmes royales avant tout, des femmes éduquées chez les sœurs et tout et tout, des femmes qui partagent la vision moderne de Ségolène. Des femmes qu’elle a invitées pour se conforter dans ses orientations. Et puis il y a les actuelles, les tendances, les incontournables, les VIP de poids, toutes celles que François lui a fait rajouter sur sa liste pour s’assurer un soutien dans les sphères financières, intellectuelles et artistiques. La crème de la crème au chevet de Ségolène…

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Chapitre 2 – Le bal des précieuses  (> Lire " Royal X ") posté le jeudi 24 mai 2007 18:05

 

Par la fenêtre du salon, les invitées voient passer des poissons bleus, ils rasent les murs comme les requins rasent le fond. Ils ondulent au-dessus des parterres de roses sans odeur, des roses plastiques issues de l’industrie du pétrole.

Nous ne sommes que jeudi, et pourtant, on organise un brunch chez les disciples blairien. Tony n’a pas été invité pour cause de service trois pièces à proscrire de la journée. C’est l’heure du brunch endimanché… Ici on brunch le jeudi pour participer à la lutte contre la faim, question de solidarité…


Ségolène  : Chères amies bonjour, je sais que beaucoup d’entre vous ont parcouru un long voyage pour être ici aujourd’hui, et je les en remercie. J’ai tenu à vous réunir ce jour précisément, pour commémorer une date symbolique et porteuse d’espoir pour nous toutes : Nous sommes le 8 mars, c’est la Journée de la Femme !


Une voix perchée sort d’un bustier lacé : Qu’est-ce donc encore que cette invention ? Une Journée de la femme ? Pour quoi faire ?


Ségolène : Certaines d’entre vous n’en ont en effet peut-être pas eu vent à leur époque ; mais de nos jours, cette journée est le symbole de la libération de la femme ! Et c’est pourquoi j’ai choisi cette date pour partager avec vous un événement historique : l’arrivée d’une femme à la présidence de la République !


La voix perchée : La République… ? Ah oui j’oubliais 1789… La fin du Royalisme… Je suis ravie de voir que les temps changent et que nos valeurs vont retrouver leur place grâce à la volonté d’une femme ! Poursuivez très chère, poursuivez…


Ségolène  : Merci… Cette date, qui a représenté pour les femmes au début du XXe siècle un premier pas vers leur droit de vote, revêt pour moi une importance toute particulière, puisque la date du 8 mars fut choisie par les bolcheviques russes dans les années vingt. Vous ne l’ignorez pas, je suis une socialiste d’âme et de cœur, et heureuse de pouvoir brandir le flambeau de Notre Libération afin de poursuivre le travail d’émancipation des femmes entamé par les communistes à cette époque !


L'inconnue anonyme: En gros, vous suivez la ligne du PC, du Politiquement Correct...

 

Ségolène  : Excusez-moi, vous êtes… ?

 

L’Inconnue Anonyme : La minorité dépensante ! J’appartiens à une frange inexistante au sein du PS : la Pensée Souveraine !

 

Ségolène, dans un sourire de glace : Je préfère quant à moi m’appuyer sur les fondements du Parti Socialiste que je préfère qualifier de Pacte Solidaire pour mener à bien mon projet…


Marguerite Yourcenar : Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.


Ségolène  : Merci… Sachez-le, je vous considère comme mes amies… C’est pourquoi j’aimerais avoir votre sentiment concernant ma candidature à l’élection présidentielle ; certains sujets attendent des réponses, et j’ai besoin de vos lumières, de votre expérience et de votre solidarité pour y apporter des solutions !


Madeleine de Scudéry : Il y a dans l'amitié une perfection à laquelle bien peu de femmes sont accessibles…


Ségolène  : Il est vrai que certaines d’entre vous me connaissent peu, mais j’aimerais vous assurer que je suis une femme honnête…


Augustine Brohanlance à sa voisine: Il y a des femmes honnêtes comme il y a des vocations manquées.


Anne Héber acquiesce : C'est cela une honnête femme : une dinde qui marche, fascinée par l'idée qu'elle se fait de son honneur.


Des rires fusent dans le brouhahas général, des rires aiguisés qui se mélangent aux messes basses et à la mastication assidue des canapés.


Ségolène  : S’il vous plaît mes amies, un peu de calme, un peu de silence, j’aimerais qu’on aborde différents thèmes autour de MA candidature…


Mademoiselle J. Delay-Laroche à l’assemblée : Au regard de Dieu, les femmes qui prétendent s’intéresser aux affaires de la politique ne valent pas davantage que ces femelles qui se damnent en vendant leur corps dans les rues sombres ou des bouges mal famés. Et le châtiment de Dieu sera le même pour ces deux sortes de femmes perdues.


Ségolène : Vous pensez vraiment qu’une femme est incapable de s’occuper des affaires politiques ?


Marilyn French s’approche : Les femmes font de grands efforts pour sortir des images d'elles-mêmes qu'on leur a imposées. Le problème est qu'il y a dans ces images suffisamment de vérité pour que les répudier entraîne aussi la répudiation d'une partie de ce qu'on est réellement.


Ségolène  : Bien sûr, bien sûr, mais…


Marie-Antoinette écarte la foule : Toute femme qui se mêle volontairement d’affaires au-dessus de ses connaissances et hors des bornes de son devoir est une intrigante.


Ségolène  irritée : Tout à fait, mais en l’occurrence, il me semble qu’en tant que femme, je me dois de représenter un nouvel élan, d’apporter un véritable rôle social à la femme et à travers cela de vous représenter…


Bernadette Jouvin excédée : Notre vrai rôle social à nous, femmes, c’est d’être mariées ; notre vocation normale c’est le mariage ; notre désir le plus fréquent, le plus touchant, le plus naturel et le plus respectable, c’est de nous marier. La femme qui dit le contraire est une malade, ou ne dit pas la vérité.


Ségolène  : Bien entendu, je ne remets pas le mariage en question… Moi-même, je suis mariée depuis longtemps… avec François… enfin d’une certaine façon… Et je milite pour la réhabilitation de la Famille Traditionnelle !


Anna Quindlen grinçante : Les femmes qui se marient tôt sont souvent du genre à s'enticher des hommes qui présentent bien sur la photo de mariage et donnent leur numéro de téléphone aux demoiselles d'honneur.


Ségolène  : Ce n’est pas vraiment le cas… Il y a bien longtemps que ce n’est plus… Enfin bref…


Madame de Girardin toisant Ségolène : Les femmes devraient mourir quand elles ne sont plus aimées.


Catherine Millet pose une main compatissante sur l’épaule de Ségolène : Beaucoup de femmes ont des fantasmes sexuels. Moi je les réalise. 


Ségolène contenue : Si nous revenions à MA candidature ?


Mais dans le désordre le plus complet, les conversations particulières se multiplient autour des mésaventures amoureuses de chacune. Ici et là on entend :


Alice Sapritch : Coucher avec un vieux, quelle horreur… Mais avec un jeune, quel travail !


Fanny Deschamps, en fixant Ségolène : Une femme qui ne désire pas être secouée de temps en temps est une malade du ventre ou du cerveau.


Simone de Beauvoir, se retournant vers elle : Le rut féminin, c’est la molle palpitation d’un coquillage ; elle guette, comme la plante carnivore, le marécage où insectes et enfants s’enlisent ; elle est succion, ventouse, elle est poix et glu.


De considérations métaphysiques en petites phrases assassines, les langues de tous âges et de tout temps se délient. Près des baies vitrées de petits groupes de chignons enchevêtrés échangent leurs témoignages et leurs impressions. On entend :


L’Inconnue Anonyme : Vous croyez qu’il s’en fout de sa bergère le François ?


Edith Cresson : Un homme qui ne s'intéresse pas à une femme, moi, cela me semble bizarre.


Jeanne Moreau s’approchant du groupe : L'amour c'est comme le potage, les premières cuillerées sont trop chaudes, les dernières trop froides.


Christine van Berchem : La majorité des femmes mariées se plaignent de leur mari. La majorité des femmes non mariées se plaignent de ne pas avoir de mari. Donc le problème ce n'est pas le mari c'est la femme.


Nadine de Rothschild : Le mariage, c'est comme un long voyage en mer pendant lequel il faut être suffisamment habile pour passer le cap dans la tempête. L'idéal est d'arriver, poussé par le bon vent, dans la baie de tranquillité.


Madame Necker, se retournant vers elle : L’amour réduit la femme à un être sublime ou grotesque.


Shelley Winters fraîchement débarquée : Je suis une femme moderne, intelligente, indépendante. En d'autres termes, une femme qui ne trouve pas d'homme.


Ségolène  : S’IL VOUS PLAIT ! S’IL VOUS PLAIT ! ECOUTEZ-MOI UN INSTANT ! S’il vous plaît… Merci. Je veux être franche avec vous…


Madame du Barry à sa voisine : Comment voulez-vous qu’une femme soit franche quand ce qu’elle a de mieux à faire pour être heureuse est de devenir le caméléon de son mari.


L’Inconnue Anonyme : Bonjour tristesse !


Ségolène  : … Je veux être franche avec vous ! Certaines d’entre vous penseront peut-être que j’ai trop d’ambition, je vous l’accorde. Mais je suis certaine de pouvoir être la première femme à accéder au poste de Présidente de la République en France ! J’en suis convaincue !


Madame du Deffand à voix basse : La vanité perd plus de femmes que l’amour.


Madame Necker renchérit : Les vers luisants sont à l’image des femmes : tant qu’elles restent dans l’obscurité, on est frappé de leur éclat ; mais dès qu’elles veulent paraître au grand jour, on ne voit plus que leurs défauts.


Ségolène  : Je peux y arriver, nous pouvons y arriver… Ensemble… Nous pouvons lancer une nouvelle ère : l’avènement de la femme !


Colette, accoudée à la cheminée : Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que les hommes. Une femme intelligente y renonce.


Simone de Beauvoir approuvant : Il y a des femmes de talent, mais aucune n'a cette folie dans le talent qu'on appelle le génie.


Ségolène  : Nous pouvons changer les mentalités !


Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon : Les femmes ne doivent jamais oublier qu'elles sont l'esclave de l'opinion publique.


Madame de Staël hochant de la tête : Un homme doit savoir braver l'opinion ; une femme s'y soumettre.


Ségolène  : Mais qu’est-ce que cela signifie exactement pour vous « être femme » ?


Simone de Beauvoir sèchement : On ne naît pas femme. On le devient.


Madeleine Ouellette-Michalska s’approchant : Être femme, c'est justement servir à faire passer le temps. Donner au père le fils qui lui assure l'éternité.


Ségolène  : Je défends également la promotion de la maternité, et le cocon familial, mais cela ne représente pas l’essentiel de…


Geneviève Dormann à ses côtés : À quoi de mieux peut servir une femme qu'à accueillir au plus chaud d'elle-même un ancien bébé qui a un peu froid.


Mademoiselle de Scudéry beaucoup moins tendre : Elles ne sont au monde que pour dormir, pour être grasses, pour être belles, pour ne rien faire, et ne dire que des sottises.


Ségolène, se tournant vers Sophie Marceau :Et vous, en tant que femme publique, qu’en pensez-vous ?


Sophie Marceau : Moi, je crois qu'une femme, c'est absolument le contraire d'un homme.  


Virginie Despentes lui jète un œil dépité : Elle est bien cette fille, mais finalement elle a de toutes petites idées, rabougries. Elle a des yeux qui rapetissent, des yeux dans lesquels on ne peut pas faire rentrer grand-chose. Et tout ce qui dépasse la rend furieuse.


Ségolène  : Allons, allons, un peu de calme s’il vous plaît mesdames… Nous nous écartons du sujet.


L’inconnue Anonyme : Pas du tout ! La question est de savoir si le simple fait d’être une femme suffit à prétendre à ce poste ! Pour moi, la parité homme-femme est la pire atrocité misogyne jamais inventée ! Ce n’est que la dernière pilule phallocratique qu’on vient de faire gober à toutes les générations de femmes sans distinction ! C’est vicieux, c’est calculé, on peut l’avouer, c’est bien joué ! Aujourd’hui, on n’intègre pas les femmes aux affaires publiques parce qu’elles sont compétentes, mais juste parce qu’elles ont des nichons et une paire de jambes ! Et encore, pas toutes !


Ségolène  : Mais il faut bien au préalable être présente sur les scènes politiques et médiatiques pour ensuite pouvoir développer ses idées !


Françoise Giroud intervient : Garçon ou fille, homme ou femme, il n'y a que des individus fiables ou non.


Ségolène  : Je suis tout à fait d’accord ! Ma candidature va en ce sens, au-delà de mes ambitions, c’est un symbole pour toutes les femmes qui veulent…


Marilyn Monroe : L’idée d’être un symbole me déplaît, mais si je dois être le symbole de quelque chose, je préfère que ce soit du sexe !


Ségolène se retournant vers une autre partie de l’assemblée : Aujourd’hui la femme est libérée… Elle peut tout !


Nicole Vedrès : La femme est libérée ? Quelle femme ? L'ouvrière, dites-vous ? Mais l'ouvrier, l'est-il donc, par hasard ?


Ségolène  : Il y a encore beaucoup à faire, et je m’engage à travailler en ce sens, mais pour cela, il faut que nous soyons unies ! Pour que la femme libérée devienne une femme libre !


Monique Proulx : Toutes les femmes libérées finissent quand même par vous parler de leurs rideaux et des couches de leur petit ange, un jour ou l'autre.


Colette toujours accoudée à la cheminée :Les femmes libres ne sont pas des femmes.


Ségolène effarée : Mais que faites-vous de la lutte féministe ?


Nathalie Clifford Barney: Le féminisme n’est pas une question de sexe puisque le Français est plus femme que l’Anglaise.


Marguerite d’Angoulême souriante : Depuis qu’Eve fit pécher Adam, toutes les femmes ont pris possession de tourmenter, tuer et damner les hommes.


Ségolène  : Vous n’en avez pas assez de vivre dans un monde d’hommes dirigé par des hommes ?


Marilyn Monroe : On m'a souvent demandé : « Est-ce que cela ne vous ennuie pas de vivre dans un monde fait par et pour l'homme ? » J'ai toujours répondu : cela ne m'ennuie pas tant que je puis y être une femme !


Ségolène cinglante : Peut-être que vos « atouts » vous ont permis de vous faire une place confortable, mais tout le monde ne les possède pas !


Daphné du Maurier à voix basse : Elle est d’une intelligence exaspérante, mais d’une laideur bien consolante.


Edith Cresson auscultant dédaigneusement Ségolène : À vrai dire, aucune femme moche ne peut réussir en politique. Pour réussir en politique, que l'on soit un homme ou une femme, il faut avoir une capacité à convaincre. Convaincre, c'est séduire, donc il vaut mieux être bien physiquement.


Le couperet tombe, les concertations particulières se multiplient, la ronde des demoiselles d’un autre temps s’organise et toutes se retrouvent aspirées dans le flux du champ magnétique se dégageant du buffet.

Ségolène est sceptique, c’est la fosse aux lionnes ou la fosse tout court… Dans le dédale de ses vérités à l’emporte-pièce, elle réfléchit.

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Chapitre 3 – Des pelletées de terre sur la tête  (> Lire " Royal X ") posté le jeudi 24 mai 2007 18:01

 

Ca babille, ça bavarde, ça jacasse, ça commère, ça papote, ça discute, ça critique, ça se moque, ça observe, ça ondule, ça, ça, ça… Elles ont fait une pause dans la ronde interrompue allant du bar au buffet. Les groupes se sont formés par castes, par époque, par mode vestimentaire, par hasard également…

Chacune y va de ses préoccupations, l’argent, l’amour, le sexe, les hommes, la beauté, des pôles incontournables, identiques pour toutes les époques, communs à toutes les femmes.

Aux quatre coins de la pièce comme aux quatre coins du globe, les abeilles butinent et distillent un miel acide…


Helen Fielding : Femme, c'est pire que paysan : semis, arrosage, arrachage… Jambes à épiler, aisselles à raser, ongles à limer… Un programme si rigoureusement exigeant qu'il suffit de se laisser aller quelques jours pour se retrouver en jachère.


Ninon de Lenclos lui répond : Le désir de plaire naît chez la femme avant le besoin d’aimer.


Claire de Lamirande renchérit : Comme si ce n'était pas assez difficile d'être un homme ! Il faut être une femme en plus. Cette condition humaine aggravée.


À l’autre bout du buffet, les robes sont plus courtes, les décolletées plus plongeant, on va au fond des choses, on touche l’essentiel…


Susan Sontag : Faire l'amour, en soi, ne libère pas les femmes. La question, c'est de savoir de quelle sexualité les femmes doivent se libérer pour la vivre bien.


Catherine Lara rétorque : Ce que je regarde en premier chez un homme, c'est sa femme.


Luce Irigaray finissant de mâcher une crevette : La femme a des sexes un peu partout. Elle jouit d'un peu partout.


Sharon Stone se rapproche du petit groupe : Je ne choisis pas des amants mais des femmes avec un pénis !


Luce Irigarayacquiesce  : Le plaisir de la femme n'a pas à choisir entre activité clitoridienne et passivité vaginale.


Pendant ce temps, Ségolène passe d’un petit groupe à l’autre en échangeant des sourires complices au milieu de toutes sortes de débats. Elle arrive à hauteur du quatuor formé par Susan, Catherine, Luce et Sharon…


Ségolène  : Bonjour, nous n’avons pas encore eu le temps de bavarder ensemble de manière plus intime… Tout se passe bien ?


Huit rangées de dents l’accueillent  dans le cercle.


Ségolène  : Madame Cresson parlait tout à l’heure de la capacité de séduire pour pouvoir faire de la politique…


À ce mot, « séduire », une dizaine de femmes aux alentours se rapprochent du petit groupe et encerclent Ségolène.


Coco Chanel s’immisce dans la conversation : Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c'est elle que l'on remarque.


Natalie Clifford Barney s’en mêle à son tour : Une robe de femme doit tomber, et non se relever.


La Marquise du Châtelets’adressant à Ségolène : Les femmes nulles suivent la mode, les prétentieuses l'exagèrent, mais les femmes de goût pactisent agréablement avec elle.


Florence Delay se tourne vers elle avec dédain : Les femmes sont toujours d'une mode en retard.


Ségolène : Est-ce vraiment si important la mode pour une femme, quand son désir est de diriger un pays ?


Julie de Lespinasse lui répond : Une femme sans grâce est un appât sans hameçon.


Madame de Girardin pointant du doigt Ségolène : Nous persistons à déclarer que le premier devoir d’une femme est d’être jolie, jolie par égard pour ses parents et ses amis, jolie par respect pour elle-même.


Yvonne Printemps éclate de rire et lance : Les femmes préfèrent être belles plutôt qu'intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d'idiots que d'aveugles !


Ségolène  : Je connais la part de séduction qu’il faut entretenir pour attirer les électeurs, moi-même cet été je n’ai pas hésité à me montrer en maillot de bain sur la plage ! Je suis comme vous toutes, j’aime la mode, j’aime séduire, mais je ne pense pas que cela soit suffisant pour pouvoir prétendre accéder aux plus hautes responsabilités…


Helen Fielding reluquant Ségolène des pieds à la tête :Je comprends enfin à quel moment les dames commencent à opter pour les deux pièces : quand elles ne supportent plus que la mode de la rue leur rappelle leur jeunesse perdue.


Ségolène  : L’âge n’est pas réellement un problème pour les femmes ! La jeunesse n’est pas un atout en politique, pas plus pour les hommes, c’est un handicap ! Vous ne croyez pas ?


Madame Necker : À moins qu’elle ne soit un vrai phénomène, une femme, même spirituelle, doit, après trente ans, se résigner à ne plus briller d’un grand éclat.


Sophie Arnould moqueuse : Les dix plus belles années d'une femme se situent entre vingt-huit et trente ans.


Coco Chanel  : À trente ans, une femme doit choisir entre son derrière et son visage.  


Ségolène rieuse: Voilà bien longtemps que je les ai dépassé !


Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult s’adressant à l’assemblée : Je conseillerais aux femmes, lorsqu'elles viennent à se demander quel est l'effet des ans sur leur charme, de consulter moins leur miroir que le visage de leurs contemporaines.


Barbara Cartland reprenant les termes de Coco Chanel : Après 40 ans une femme doit choisir entre sa silhouette et son visage. Choisissez le visage et restez assise !


Ségolène confiante : J’essaie pour ma part d’allier les deux ! Il me semble que Françoise Dorin disait « Les vingt plus belles années de la femme se situent entre trente-huit et quarante-deux ans ! »


L’Inconnue Anonyme : Vous en avez cinquante-trois il me semble…


Ségolène fait mine de ne pas relever et se retourne pour accueillir Mary Marsh dans l’intimité de leur petit cercle qui ne cesse de s’agrandir.


Mary Marsh s’approche et lance en riant :  Le seul moment de sa vie où une femme souhaite avoir un an de plus, c’est quand elle est enceinte.


Ségolène  ironique : L’âge, la beauté, la séduction… Je ne suis pas vraiment vulnérable à ce genre d’attaques, d’autant qu’en politique, les femmes qui « se tiennent » ne courent pas les couloirs de l’Assemblée !


Madonna : Ce qui rend les femmes vulnérables, c’est leur sexe : ce grand orifice dans lequel même les insectes peuvent ramper.


Madame de Sévigné :  Les femmes ont permission d'être faibles, et elles se servent sans scrupule de ce privilège.


Ségolène  : Je ne suis pas quelqu’un de faible, j’ai eu à faire face à beaucoup de situations difficiles, et je m’en suis toujours sortie !


Madame de Rémusat secoue la tête et dit : Une femme est par elle-même un être si faible, si dépendant, que, même lorsque les circonstances lui procurent les jouissances et la dignité attachées à un sentiment légitime et partagé, jusqu’au milieu de son bonheur elle conserve encore un instinct de la souffrance, qui la met sur-le-champ en harmonie avec la peine qu’elle découvre.


Ségolène  jouant à Caliméro: Vous savez, c’est un parcours impitoyable pour une femme la politique… Rien ne vous est épargné… Mais je n’ai pas peur ! Ni des épreuves à traverser, ni des responsabilités à venir !


Madame Simonejète un pavé dans la mare: Vous n’avez jamais le trac ? Attendez d’avoir du talent !


Rire général dans le cercle d’abeilles ne cessant de grossir, et l’Inconnue Anonyme lance un appel depuis le buffet.


L’Inconnue Anonyme : Quelqu’un reprend un verre ?


Marquise de Pompadour: Le Champagne est le seul vin que la femme peut boire sans s'enlaidir.


L’Inconnue Anonyme : Allons-y pour du Champagne ! Ça éveille les chatons, et ça réveille les dindons !


Björk, plutôt satisfaite de marquer une pause :  On ne peut pas se saouler convenablement en compagnie d'un homme.


Arletty acquiesçant du menton tout en tendant sa coupe : Le vin, ça remet l'homme sur la femme !


Simone de Beauvoir grinçante : la femme est vampire, gouge, mangeuse, buveuse, son sexe se nourrit gloutonnement du sexe mâle.


Lady Montagu : Je me console d’être femme en songeant que, de la sorte, je n’en épouserai jamais une.


Agatha Christie jusqu’ici discrète fit son apparition : Toutes les femmes, sans même s’en rendre compte, considèrent chaque homme qu’elles rencontrent comme un mari possible pour elles ou pour leur meilleure amie.


Ségolène déstabilisée par ces propos : Finalement, moi aussi je prendrais bien une coupe de champagne…


Et les conversations dérivent à nouveau sur des sujets plus alléchants, le divorce de l’une, la pension de l’autre, l’amant de celle-ci, le mariage de celle-là… « La vertu des femmes », qui, d’après Cornelia Otis Skinner « est la plus grande invention de l’homme. » rivalisant avec la duchesse d’Abrantès pour qui « La vertu des femmes, c'est du sable mouvant. » Ségolène écoute, décontenancée, elle garde le sourire crispé qu’elle arbore chaque jour, le sourire crispé de découvrir à travers cette assemblée féminine ses propres envies, ses propres vérités…

Elle tend l’oreille à ce qui la dépasse et l’obsède, se promène entre les robes et les bustiers, se ressert une autre coupe de champagne, et pense à Françoise Loranger qui disait «  Si dérisoire que ça te paraisse, pour les femmes l'amour explique tout ! Tu ne connais pas les femmes, si tu n'as pas compris ça ! », puis à Madame de Gasparin qui disait « En énergie éclatante, en puissance de conception, en hardiesse, en force de raisonnement, la femme est inférieure à l’homme. »

Ségolène doute, elle se demande ce qu’elle fait là. Comment d’ailleurs elle a pu en arriver à devoir se présenter à la Présidentielle de 2007. Elle ne se souvient plus de ce qui la poussée. Quel a été le déclic, qui a été le déclic…

Est-ce le choc d’avoir un jour entendu Françoise Parturier dire « La femme n’est pas un être inférieur, c’est l’homme qui est un être supérieur. » ou est-ce cette citation d’Ana Maria Araujo  qui disait « Les femmes souffrent l'Histoire et ne la font pas. »

Ségolène ne sait plus, elle les écoute, pense à François. Elle se sent faible, elle se sent conne. À vouloir accéder à une place qu’elle ne désire pas vraiment, pour laquelle elle s’est battue plus par défiance et vanité que par envie, elle s’est perdue.

Le bourdonnement strident de l’assistance la submerge, mais elle relève encore une réflexion d’Élisabeth Badinter en grande discussion «  Au lieu d'instinct, ne vaudrait-il pas mieux parler d'une fabuleuse pression sociale pour que la femme ne puisse s'accomplir que dans la maternité ? »

Pression sociale… Maternité… Accomplissement de la femme… Oui c’est cela, c’est pour cela… C’est pour s’accomplir qu’elle a entrepris tout cela…

Ségolène reprend le sourire ; son mari, son statut de femme, son statut de mère de famille, ses enfants… Ce sont ses armes…

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