Accueil Date de création : 24/05/07 Dernière mise à jour : 20/01/10 16:59 / 455 articles publiés
 

Je boirai du lait le jour où les vaches iront en champ les vignes !  (> Chroniques / Humeurs) posté le mercredi 20 janvier 2010 16:59

 

Dans la série "la connerie du jour", un nouvau groupe, réunissant les adeptes de la bonne volonté et de la prise de conscience, s'est créé autour d'un sujet primordial au milieu de cette morosité sismique et chomagienne ambiante !

Trêve de grandes phrases, j'invite les épicuriens de tous poils, marathoniens du godet, esthètes du verre qui se remplit par le bas et autres afficionados de la bouteille et druides de la chopine, à rejoindre ce groupe parfaitement inutile et ô combien incontournable à ce titre !

 

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Je boirai du lait le jour où les vaches iront en champ les vignes !

 

Enjoy ;-)

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BUTTERFLY BOY  (> Chroniques / Humeurs) posté le lundi 11 janvier 2010 11:52

(original pic from Von Pohl)

 

Butterfly Boy,

Tu te crois easy,

Tu t’y vois facile,

Busy busy, sonne ton mobile,

Busy busy, t’es immobile.

 

Butterfly Boy,

Tu sens les bonnes vibes,

Tu te la joues au feeling,

Busy busy, tu te la racontes surbooking,

Busy busy, t’arrives à peine à faire le tour de ton slip.

 

Butterfly Boy,

Tu te la sentais bien city,

Mais tu sors de la cité bibine,

Busy busy, Y’a ton costard qui s’élime,

Busy busy, tu cours après des rêves acryliques.

 

Butterfly Boy,

Tu causes en jetlag,

Tu cours après un train qui te roule sur le bide,

Busy busy, t’es dans l’impasse,

Busy busy, rappelle-toi, il était une fois…

Un pull-over gris…

 

 

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SDF : solidarité des fonctionnaires...  (> Chroniques / Humeurs) posté le jeudi 17 décembre 2009 16:04

 

Vous rappelez-vous des tentes dans la rue ? De cette offuscation de bazar, qui avait investi le PAF ? De l’association Don Quichotte ? C’était hier, ce sera demain… Rien n’a changé… Qui se souvient ?

On avait planté des tentes de partout. « Soyons solidaires !… Mais pas trop près de chez moi quand même… »

Tiens, mais que se passe-t-il ? Il y a des gens qui dorment dans la rue ? Vraiment ? On m’aurait menti ? À l’insu de mon plein gré bien sûr ! Mais c’est effroyable ! Comment font-ils ? C’est bizarre, je ne les avais jamais vus auparavant… D’où sortent-ils ?

Janvier était apparu comme une révélation collective… Des « Ah !bon ! » et des « Faut faire quelque chose… », sortis de nulle part se sont mis à fleurir au pied du podium des finalistes politiques. Mieux vaut tard que jamais rétorqueront les plus optimistes, mieux vaut tard si ça dure, leur répondrai-je !

Le défilé des « y’a qu’à » et des « faut qu’on » n’a pas laissé grand place aux réels concernés. On s’est caressé la braguette mutuellement en se rassurant sur l’humanité dont on faisait preuve envers les plus… Les moins… Enfin vous voyez… Ceux qu’on ne savait même plus comment nommer.

Pourtant les volontaires étaient là, réellement volontaires, vraiment bénévoles, foncièrement bons… Ils étaient là depuis des années à se démener dans l’ombre… Et par hasard Balthazar, en ce bon mois de janvier, tout le monde s’est mis à découvrir ceux qui depuis longtemps ne comptaient plus pour la société. Miracle de l’information, miracle des élections, superbe apparition de la conscience collective qui est venue récupérer à travers people, stars d’hier et politiques, le dévouement sans limite des associations qui vivaient en marge du TPMG (Tout Pour Ma Gueule). Les SDF sont alors devenus une priorité nationale en quelques jours, tant mieux, tant que cela ne durerait pas seulement quelques jours…

Car un problème s’est posé devant cet étalage de tentes : comment les loger ? Il manquait déjà des milliers de logements sur le territoire, les politiques d’urbanisme allaient maintenant devoir compter avec ce surcroît de demandes, surtout s’il était étayé par la loi du « logement opposable », une loi, sympathique au demeurant, mais qui ne construisait ni mur, ni toit, ni réseau électrique, ni eau courante.

Il était sympathique, oui, il était fort sympathique de voir des visages médiatiques s’afficher pour une nuit avec les sans abri ; ça ne coûtait rien, juste se geler la couenne une nuit pour une relance de carrière assurée. Bonne conscience aseptisée qui faisait sortir les mouchoirs avant de reprendre de la purée.

Résoudre le problème rapidement ? Oui ! Des solutions… Alors… On va se réunir… Trouver des possibilités qui engendreront des situations difficiles, étudier les éventualités qui feront rejaillir des problématiques jusqu’ici apaisées… Et puis il faudra financer… Qui va payer pour ces milliers de logements ? Car bien sûr qu’il faut les construire, mais qui va les financer ? Une idée a fusé tout à coup, une idée à classer dans les pansements à usage médiatique avant d’être jetée : surtaxer les propriétaires de logements vacants s’ils ne les mettaient pas à la disposition du public pour désengorger les HLM, qui eux-mêmes pourraient alors être mis à la disposition des SDF etc, etc…

Compte tenu du nombre de logements non utilisés pour résoudre le problème, autant se pignoler avec une pince à épiler ! Pansement inutile, les SDF avaient encore de « belles nuits » à passer avec un bout de trottoir en guise d’oreiller !

Une solution rapide, efficace, juste… Oui, il y en avait une… Il y en a une, toujours valable aujourd’hui… Toujours envisageable pour l’hiver prochain… Mais qui risque de ne pas être du goût de tous ces « néo solidaires » de janvier…

Car les logements existent depuis longtemps pour tous ces SDF… En tant que priorité nationale, cette solution ne peut être mise en place que sous l’impulsion d’une initiative de l’Etat… Un Etat qui va devoir financer ces constructions… Ou simplement mettre tous ces logements qui existent et qui lui appartiennent à leur disposition… Plutôt que les distribuer à son personnel administratif sans aucune légitimité.

Avez-vous idée des milliers de logements dont dispose le personnel de l’Education Nationale, de la gendarmerie, du corps hospitalier… À des prix ridiculement bas par rapport au barème des prix de l’immobilier ? Des dizaines de milliers, des immeubles complets ! Tout ce personnel reçoit un salaire au moins équivalent à n’importe quel professionnel travaillant dans le privé ! Trouvez-vous légitime qu’en plus d’un salaire décent et de la sécurité de l’emploi, ils aient droit à un logement dont le loyer frise le pourboire de brasserie ? C’est un privilège de caste, la même caste qui s’offusque, défile et se sent prise aux tripes par la condition des SDF ! Ce n’est qu’un privilège sans aucune légitimité !

Ils veulent une solution rapide et efficace, la voici : Je propose que tout le personnel administratif disposant d’un logement à loyer réduit, voire indécent, fourni par l’état, donne sa dédit, pour louer un appartement comme n’importe quelle famille lambda. D’autant que vis-à-vis des propriétaires, ce ne sont pas les garanties de salaire et la stabilité de l’emploi qui risquent de manquer !

Voilà ce que j’appellerais de la vraie solidarité, et encore, ce ne serait que justice vis-à-vis des SDF et de l’ensemble de la population active ne bénéficiant pas de ce type de privilèges !

Vous aviez un problème chers politiques, en voici la solution. Une solution, juste, équitable, sans budget supplémentaire à trouver pour construire ces milliers de logements qui ne pourront jamais voir le jour avant des années. Une solution qui touche à des privilèges de castes qui pèsent lourd dans les urnes, une solution que je ne crois aucun de vous capable d’envisager et encore moins d’appliquer.

Quelle simplicité pourtant, une réunion, un décret, six mois de mise en place et l’hiver prochain, plus une personne ne dormira sous une tente en guise de palais des bonnes volontés, chacun aura un toit où s’abriter.

C’est votre devoir, vous en avez la responsabilité, vous en avez les moyens, vous en avez le pouvoir, et si vous ne faites rien, il ne vous en restera demain que les restes d’un corps congelé, mort de froid sur le pavé. Et puis… Un peu de solidarité pour l’hiver prochain, ni plus ni moins que des crevasses sur des mains d’assassins.

C’était hier, ce sera demain… Qui se souvient… C’est possible pour aujourd’hui, pour l’hiver prochain… Il ne sert à rien de pleurnicher devant sa télé quand on est nourri, blanchi, logé, tous frais payés… La solidarité n’est pas un plat de nouilles dont on se ressert en regardant le journal télé… Quand on est privilégié, on fait, ou on se tait… Pour régler le problème, il suffirait pourtant d’un peu d’honnêteté intellectuelle et d’une paire de couilles sérieusement accrochées ! Deux éléments indispensables qui font souvent défauts à notre belle société !

 

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LA COUR DES GRANDS - (Le rêve de Nicolas)  (> Lire "PorCtraits") posté le vendredi 13 novembre 2009 10:36


Quand je serai grand, je serai moins petit, c’est une base. Partons de choses simples telles que celle-ci et creusons pour en tirer les avantages. Avec la taille viendra l’âge, phénomène incontournable, qui me permettra du haut de mes dix-huit ans et de mon mètre quatre-vingt-dix-huit de surplomber mes jeunes années comme autant de caprices, et celles à venir comme un dû de la vie.

Vous pourrez constater que j’emploie aussi peu de « putain » en début de phrase, que de « nique ta mère » en ponctuation. Je m’y attache tout spécialement. Énorme travail entrepris sur moi-même étant donné le milieu dans lequel j’ai grandi. Je m’y tiens, question de caractère. Je ne suis pas né pour engraisser les pousses mégots de ce système, mais pour en être à son sommet.

Insolent ? Absolument.

Arrogant ? J’y travaille d’arrache-pied. Tout pour ne pas devenir un petit soldat de la fourmilière, posant culotte à l’heure qu’on lui aura donnée, chevauchant la reine dans ses heures les plus folles avant qu’elle ne m’envoie promener. Je préfère être le roi, troussant des soubrettes et distribuant des coups de pieds, plutôt que bouffon ou laquais, vivant de misère dans l’aumône de ce qu’on aura bien voulu m’octroyer.

Partage ? Tolérance ? Compassion ? Égalité ? Fraternité ?

Connais pas.

Connaissez-vous quelqu’un pour qui cela ait marché ?

Soyons sérieux, je n’ai que quinze ans et déjà l’écran noir de la classe se barbouille de blanc. Autant de courbes que de lignes, des signes d’histoire et de mathématiques, le temps passe en conservant sa logique. La craie reste stridente comme la griffe qui laboure, mais les rêves s’encrassent de l’haleine fétide de perroquets fatigués.

Déjà mes camarades prennent le rythme, ils hochent la tête à chaque rictus de sourcil. Ils tracent une marge, vont à la ligne et attendent la sonnerie.

Les premières pièces de la discipline se mettent en place, les nuques se plient sous le poids des cartables, les cerveaux se lissent, les identités s’unifient. Ici se trouve le bien, voilà à quoi ressemble le mal, personne ne bouge un cil.

Seule rébellion, le bourrage de crâne familial ! Conflit d’axiomes et de postulats, de préjugés et d’idées préconçues, ordre et contrordre, le désordre s’installe. Début de l’adolescence, ils refusent tout, ce qu’ils aiment et ce qu’ils ne comprennent pas, autant de perte de temps durant lequel je gravis dans l’ombre les premiers échelons.

On me prend pour un idiot, à l’occasion pour une bête savante. Je ne parle pas, ça les dérange. Ils ne me contrôlent pas, ils ne me maîtrisent pas, et dans le doute, les plus intelligents me traitent avec méfiance. Du coin de leurs lunettes ovales, ils m’épient et cherchent la faille. Autant de perte de temps, alors que je mets en place les premières pierres de ma puissance.

Souriez, je n’ai encore que quinze ans, inoffensif, en fond de classe, à la place des cancres, que peut-on faire pour créer le monde à son image sur un coin de table ?

Souriez, vous ne serez peut-être plus là lorsque je serai grand. Je renverserai ce que vous croyez être inébranlable. Et puisque vous riez à présent, surtout ne me demandez pas comment.

 

C’était le rêve de Nicolas… A part le mètre quatre-vingt-dix-huit… Qu’aura-t-il manqué finalement ? On ne se méfie jamais assez des enfants…

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5 – Peaux-Rouges  (> Lire "Rouge") posté le vendredi 06 novembre 2009 12:02

 

Tenue de camouflage, j’avance parmi les couettes, les manteaux et le brouillard. Marcher dans la rue, c’est comme tailler un bout de brousse, sans machette, c’est bien toute la difficulté, machette interdite, sinon les têtes valseraient comme les lianes en forêt amazonienne. Je me fraie un passage entre les têtes rouges, ulcérées, livides, comatiques, les âmes absentes, les regards hébétés, les traumatismes ridés, quelques sourires aussi, innocents, ne dépassant pas quelques années de vie ; Eux aussi se feront crucifier, eux aussi cesseront de sourire.

Tenue de camouflage disais-je en première ligne, tenue de camouflage pour n’être reconnu des vautours comme une proie potentielle ou un peau-rouge à fusiller, insoumis. Je dois me fondre pour les approcher, sentir au plus près de leurs crânes leurs pensées inavouables, leurs incertitudes enfouies, déceler les mensonges qu’ils collectionnent en chapelets de prière pour que personne ne s’en rende compte. Je marche parmi eux, approche mon nez de leurs cheveux, esprits vides, sales, encombrés, je marche à la recherche d’un peau-rouge, d’un frère de lait.

Les rues sont infinies, on peut les arpenter sans jamais avoir à faire demi-tour, toutes se ressemblent, trottoirs, lumières, vitrines, voitures, chiens, cyclistes, inconnus, inconnues, visages identiques ; Les murs sont blancs, gris, les peaux sont blêmes, grises, des visages qui circulent de la rue où ils habitent à la rue où ils travaillent, itinéraire identique chaque jour, parcours évitant soigneusement les sens interdits, les diagonales, et les demi-tours possibles. J’ai la peau blême aussi, c’est ma tenue de camouflage, les rides, la mort aux lèvres, le teint blafard, je me fonds dans les ruelles ; Jack l’Eventreur faisait de même ; Il disséquait les vies comme moi les âmes, il écorchait les corps comme j’aimerais leur arracher des morceaux de visage pour voir sous leur teint de vampire si la peau rouge existe toujours ; Oter les masques à coups de scalpel, telle sera peut-être l’unique solution qu’il me restera pour retrouver un frère d’arme, un peau-rouge chevauchant à cru, collectionnant les scalps à coups de hache.

Je me promène parmi les âmes froides et les corps tièdes, j’écoute le bruit de leurs pensées glacées par le dieu argent, they say : « God money i’ll do anything for you, god money just tell me what you want me to, god money nail me up against the wall, god money don’t want everything he wants it all… », Nine Inch nails a dit l’essentiel, l’heure n’est plus au constat, mais au découpage des masques de porcelaine. La mort s’est installée sur chaque visage, ne reste plus que la vie qui saigne sous un squelette de pièces et de billets.

J’aimerais tuer le dieu argent, parfois j’aimerais tuer les dieux tout court, source d’horreurs humaines intarissables, j’aimerais tuer les dieux une bonne fois pour toute ; Les empaler sur leurs montagnes, les noyer dans leurs océans, les étouffer dans leurs nuages, les asphyxier dans leur voûte céleste ; Dieu est partout et ne se montre jamais… Il a raison, qu’il continue, ce n’est pas le bon jour, le sang risquerait de lui gicler par les oreilles.

Je m’arrête devant le miroir d’un bar à hôtesses ayant rendu l’âme, et je pense à cette petite île de l’autre côté de l’Atlantique… Si les peaux-rouges avaient gagné, que serait-il advenu des Etats-Unis ? Que serait-il advenu de nous ? Nous, qui ne sommes plus que des têtards frétillant de la queue, à la vue d’un dollar format serviette de bain, étendu sur une plage de sable fin. Nous avons eu de la chance, les peaux-rouges sont morts ; De leurs peaux, nous avons découpé des tenues de camouflage pour survivre aux rayons de la vie, soleil brûlant qui fait noircir les peaux blanches.

Enlevez le camouflage, que reste-t-il ? Des écorchés, des écorchés vifs, les derniers êtres vivants, des peaux-rouges, rouge sang.

Je me tire sur la joue, le camouflage se tend, se détend ; Qu’y a-t-il dessous, un peau-rouge, un sang blanc, les stigmates brûlées au fer rouge du dieu argent… Suis-je si différent ?

Et ma bouche dit au miroir : « Se sentir vivant chez les morts ou mort chez les vivants, quelle différence, c’est se sentir hors de cause, hors de conséquence, c’est être un peau-rouge, un écorché, sans jamais parvenir à le comprendre. »

Je sors mon opinel pour vérifier.

 

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